Aujourd'hui

Les productions et les projets actuels se veulent dans la continuité avec Bernard Émond: Contre toute espérance, Pierre Falardeau et Michel Langlois, mais aussi, dans une volonté de renouvellement avec Laurent Salgues: Rêves de poussière (en coproduction avec la France), Benoit Pilon: Ce qu’il faut pour vivre , Julie Hivon, François Bouvier et Denis Côté.

Historique

L’ACPAV (l’Association coopérative de productions audio-visuelles) est née en 1971 du désir et du besoin qu’éprouvaient les jeunes cinéastes québécois de l’époque dont entre autres Pierre Harel, Jean Chabot, Mireille Dansereau, Roger Frappier, Marc Daigle, Hubert-Yves Rose, André Théberge et Yves Beauchemin de créer une structure de production souple et conforme à leur démarche créatrice en plus de mettre en commun outils et expertise.

En rendant disponible les instruments administratifs et techniques nécessaires à la production et à la réalisation de films, et animée d’un véritable esprit de pionnier, l’ACPAV a permis à plusieurs d’explorer de nouvelles voies dans le domaine de la fiction cinématographique.

L’ACPAV a longtemps été le nerf central du jeune cinéma québécois. Pratiquement toute une génération de cinéastes, qui ont aujourd’hui dans la cinquantaine, y a fait ses premières armes; pas seulement des réalisateurs, mais également des techniciens et des producteurs. Parmi les premiers membres de l’ACPAV, se trouvaient entre autres Alain Chartrand, Bernard Lalonde, André Forcier, Roger Cantin, Brigitte Sauriol, François Labonté, Robert Favreau, Bruno Carrière, Louise Surprenant, Claude Bonin, Nardo Castillo et Yvan Patry.

Au nombre des longs métrages produits par l’ACPAV dans les années 70, citons La vie rêvée de Mireille Dansereau, Bulldozer et Vie d’ange de Pierre Harel, L’infonie inachevée de Roger Frappier, Ti-cul Tougas de Jean-Guy Noël, Une nuit en Amérique de Jean Chabot, L’eau chaude, l’eau frette de Marc-André Forcier et Les grands enfants de Paul Tana.

Au cours des décennies suivantes, la production de longs métrages de fiction se poursuit avec entre autres Lucien Brouillard de Bruno Carrière, La femme de l’hôtel de Léa Pool, Le party, Octobre, 15 février 1839 et la trilogie des Elvis Gratton de Pierre Falardeau, La Sarrasine et La déroute de Paul Tana, Cap Tourmente de Michel Langlois et les films de Bernard Émond, La femme qui boit, 20 h 17, rue Darling et La Neuvaine. Les courts métrages ne sont pas de reste avec Lamento pour un homme de lettre de Pierre Jutras, Sortie 234 et Lettre à mon père de Michel Langlois, pour ne nommer que ceux-ci.

Parallèlement à la fiction, l’ACPAV produit des documentaires, dont Caffè Italia,Montréal de Paul Tana, Ô Picasso de Gilles Carle, Ceux qui ont le pas léger meurent sans laisser de traces et L’instant et la patience de Bernard Émond, La manière nègre ou Aimé Césaire chemin faisant et Tropique Nord de Jean-Daniel Lafond, L’année qui change la vie et Du cœur à l’âme avec ou sans Dieu de Suzanne Guy, L’erreur boréale de Richard Desjardins et Robert Monderie, Un miroir sur la scène, La naissance d’une messe et Un sur mille de Jean-Claude Coulbois.

Durant les dernières années, l’ACPAV a su continuer à défendre les premières œuvres: de Paul Thinel, Les immortels et de Marie-Jan Seille, La lune viendra d’elle-même.

« Si l’ACPAV a su conserver contre vents et marées ce goût du cinéma culturel, nouveau et différent, elle le doit certainement à l’acharnement des auteurs-réalisateurs, mais aussi à celui des producteurs dont Marc Daigle, Bernadette Payeur et René Gueissaz.» (P.J. et M.S.)

(Tirée et adaptée du Dictionnaire du cinéma québécois, Michel Coulombe et Marcel Jean, Boréal, 2006)

Équipe

Marie-Josée de Santis
Accueil et coordination

Claudette Dubé
Administratrice

Bernadette Payeur
Vice-présidente et productrice

Bernadette Payeur fait ses débuts comme productrice avec le court métrage Elvis Gratton de Pierre Falardeau et Julien Poulin. Elle produira par la suite les deux autres courts métrages Gratton qui donneront naissance au film culte, Elvis Gratton, le king des kings.

En 1983, elle produit le premier long métrage de Léa Pool, La Femme de l’hôtel et en 1988, Sortie 234, un court métrage de fiction de Michel Langlois.  En 1989 elle poursuit sa collaboration avec Pierre Falardeau avec Le Party, ainsi qu’avec Michel Langlois sur les films Lettre à mon père (1992) et Cap Tourmente (1993). En 1992 et 1993 elle produit successivement deux documentaires de Bernard Émond: Ceux qui ont le pas léger meurent sans laisser de traces et L’instant et la patience. C’est en 1994 qu’Octobre de Falardeau voit enfin le jour, au prix de nombreuses difficultés. Elle signe ensuite la production d’un documentaire en deux volets: Un miroir sur la scène de Jean-Claude Coulbois (de 1995 à 1997). Suivent en 1998 une télésérie de 5 émissions Les Artisans du cinéma de Serge Giguère et, en association avec Marc Daigle, La Déroute de Paul Tana.

En 1999, elle produit le documentaire L’Erreur boréale de Richard Desjardins et Robert Monderie ainsi que Miracle à Memphis – Elvis Gratton II, de Pierre Falardeau. Toujours avec ce même réalisateur, elle produit 15 février 1839 et, simultanément, La Femme qui boit, premier long métrage fiction de Bernard Émond. En 2002, elle poursuit avec le deuxième film de ce réalisateur, 20h17 rue Darling. En 2004 on lui doit aussi la production de La Vengeance d’Elvis Wong de Pierre Falardeau et en 2005, celle du film lumineux de Bernard Émond, La Neuvaine. En 2006 elle produit le premier long métrage de Benoit Pilon, Ce qu’il faut pour vivre, d’après un scénario de Bernard Émond et, en concomitance, Contre toute espérance, deuxième volet de la trilogie de Bernard Émond amorcée avec La Neuvaine. En outre, elle continue son travail en développement avec Pierre Falardeau, Bernard Émond, Michel Langlois, Jean-Claude Coulbois de même que Denis Côté et Simon Lavoie.

René Gueissaz
Secrétaire et producteur

Au Québec depuis 1967, année de l’Expo, où il est venu travailler comme coordonnateur culturel, René Gueissaz a été monteur et scénariste de plusieurs émissions de télévision avant de se joindre à l’ACPAV en 1972, où il agit comme directeur de production, producteur associé et producteur.

Il a collaboré à la production de Noël et Juliette (Michel Bouchard), Tu brûles… tu brûles et Ti-cul Tougas (Jean-Guy Noël), long métrage qui remporte en 1976 le Prix Ouimet-Molson du meilleur film québécois. Il termine ensuite la production de Vie d’ange (Pierre Harel), devenu film culte, produit Lucien Brouillard (Bruno Carrière), sélectionné pour le Génie du meilleur long métrage canadien et récipiendaire du Ducat d’argent à Mannheim en 1983. Il est producteur associé de la série Téléclip, producteur du film Tinamer (Jean-Guy Noël), Prix Jean Cocteau 1988 à Pessac, des documentaires La manière nègre ou Aimé Césaire, chemin faisant et TropiqueNord (Jean-Daniel Lafond), Prix TV5 du meilleur documentaire francophone à Namur 1994. En 1996 lui échoit le privilège de produire les onze Bandes-hommages pour les 100 ans du cinéma. Il crée avec Marc Daigle et Mario Dufour une collection de documentaires de vulgarisation scientifique, Passion recherche, dont font partie Lesnouveaux alchimistes (Guy Parent), qui remporte à Paris le prestigieux Prix Roberval-télévision 2000 et Dans l’esprit de Norman Bethune (Edgard Soldevilla) tourné en Chine, en 2001. Associé à la production du film de Paul Thinel, Les immortels (2003), il poursuit présentement, en équipe avec Marc Daigle et le scénariste René Boulanger, le développement de Fleur de cobalt, un long métrage sur des aventuriers canadiens français des années 30.

Marc Daigle
Président et producteur

Producteur québécois du film Rêves de poussière (2006) de Laurent Salgues, une coproduction France/Canada à l’affiche en mai 2007, Marc Daigle a débuté en cinéma par la réalisation: Colombine (1970, c.m.) et C’est ben beau l’amour (1971), « coup d’œil lucide sur la vie des cégépiens ». En 1971, il participe à la fondation de l’ACPAV et décide de son passage en production. Depuis sa carrière s’est poursuivie exclusivement dans cette coopérative, si l’on excepte un intermède, en parallèle, comme contractuel à l’ONF de 1977 à 1980.

« Marc Daigle produit des films de réalisateurs qui comptent parmi les plus représentatifs de la génération des années 70 : Jean Chabot (Une nuit en Amérique, 1974), Jean-Guy Noël (Tu brûles… tu brûles…, 1973; Ti-cul Tougas, 1976; Tinamer, 1987), Paul Tana (Les grands enfants, 1980; Caffè Italia Montréal, 1985; La Sarrasine, 1991; La déroute, 1998), Hubert-Yves Rose (La ligne de chaleur, 1989). On le retrouve en outre associé à Bernadette Payeur, notamment pour les films de Pierre Falardeau (Le party, 1989; Octobre, 1994; Miracle à Memphis, 1999). Il produit en 2003 Les immortels, premier long métrage de fiction de Paul Thinel. Il touche au documentaire (Suzanne Guy, Jean-Claude Coulbois). Président de l’ACPAV depuis 1990, il siège au conseil d’administration de l’APFTQ. Dans l’ensemble, Daigle contribue surtout, par son travail, à l’exploration de voies nouvelles dans le domaine de la fiction au Québec. » (P.V.)

Filmographie tirée et adaptée du Dictionnaire du cinéma québécois, Michel Coulombe et Marcel Jean, Boréal, 2006