Conçue d’emblée comme un lieu de création libre, l’ACPAV soutient depuis le début des années 70 un cinéma d’auteur, qui explore, à travers tous les genres possibles, les réalités sociopolitiques de son temps; d’Elvis Gratton à Antigone, de L’eau chaude, l’eau frette à 20h17 rue Darling, de Bulldozer au Démantèlement.

Dès ses débuts, les productions de l’ACPAV partagent certaines caractéristiques: des budgets modestes, des cinéastes engagés, une vision du cinéma et le souci de refléter un Québec en pleine évolution. Bien qu’il ne se soient jamais concertés, les auteurs, réalisateurs et producteurs des films de l’ACPAV tendent à se pencher sur des œuvres profondément ancrées dans une réalité sociale, qui permet d’explorer de front des thèmes toujours actuels: qu’il s’agisse de l’altérité et de l’immigration (La Sarrasine de Paul Tana, Les Voleurs de job de Tahani Rached, Antigone de Sophie Deraspe), de notre américanité (La Ligne de chaleur d’Hubert-Yves Rose, Ti-Cul Tougas de Jean-Guy Noël, Le Vendeur de Sébastien Pilote) ou de notre héritage religieux (la trilogie des vertus théologales de Bernard Émond: La Neuvaine, Contre toute espérance, La Donation).

Alliant œuvres de fiction et documentaires d’auteur, les œuvres de l’ACPAV se sont distinguées tant par leurs dimensions politiques (Octobre de Pierre Falardeau, L’erreur boréale de Richard Desjardins et Robert Monderie, 15 NOV de Hugues Mignault et Ronald Brault) que par leur volonté de refléter toutes les facettes de la culture d’ici (L’Infonie inachevée de Roger Frappier, Mort subite d’un homme-théâtre de Jean-Claude Coulbois).

Maison-mère de plusieurs auteurs à qui elle donna leur première chance (Jean-Guy Noël, Pierre Falardeau, Bernard Émond, Benoit Pilon, Sébastien Pilote), positionnée à l’avant-garde du cinéma des femmes (de La Vie Rêvée de Mireille Dansereau – premier film de fiction québécois, réalisé par une femme dans le privé – aux œuvres de Léa Pool, Brigitte Sauriol, Tahani Rached, Denise Benoît), l’ACPAV a toujours accompagné l’évolution de la société québécoise à travers ses films.

À l’heure où Antigone de Sophie Deraspe vient couronner son premier demi-siècle, l’ACPAV est fière de son passé, mais aussi résolument tournée vers l’avenir. Si beaucoup de choses ont changé dans la manière de faire des films en cinquante ans, les facteurs qui guident ses producteurs restent essentiellement les mêmes : la volonté de parler de l’ici et maintenant, de manière honnête et sincère, et de le faire d’une façon qui puisse rejoindre le public et la critique, partout sur la planète.